Petite histoire de la distribution d'eau

LES PORTEURS D’EAU

Au Moyen-Age fut fondée une corporation de “Porteurs d’eau”.
Ces hommes et ces femmes puisaient l’eau aux fontaines et aux rivières et l’apportaient au domicile de ceux qui les rétribuaient.
Certains porteurs d’eau disposaient d’un tonneau monté sur une charrette, la plupart du temps tractée par des animaux (chien, boeufs, chevaux), alors que d’autres portaient des seaux, voire un seul récipient de bois attaché à leurs épaules.
De tous temps, les autorités eurent à sévir dans les combats que se livraient les porteurs d’eau pour l’appropriation d’un point d’eau, allant jusqu’à écarter la population pourtant bien en droit de se rendre aux fontaines.
Début du XVIe siècle, on pouvait être condamné à des peines sévères allant jusqu’au bannissement si on était pris en flagrant délit d’endommagement des fontaines.

LES BORNES-FONTAINES

Ancêtres de notre distribution d’eau, les bornes-fontaines abondaient encore sur les places publiques voici environ 65 ans.
Raccordées à un réseau d’eau souvent encore jeune, elles étaient actionnées au moyen d’une clé numérotée que chaque famille habitant la commune pouvait obtenir moyennant payement auprès de l’Administration Communale.

La réglementation, fort stricte, fait déjà apparaître le souci d’économie de la ressource. Ainsi, il était interdit :

- d’utiliser des récipients qui ne pouvaient être portés par une seule personne;
- de laisser la borne-fontaine ouverte après utilisation;
- de prêter sa clé à d’autres personnes;
- et aux enfants de moins de 12 ans d’utiliser la borne-fontaine.

LES FONTAINES-ABREUVOIRS

Elles étaient conçues en fonction de leurs différents utilisateurs potentiels :

- une vasque inférieure pour les chiens, chats,...
- une vasque supérieure pour les oiseaux,
- une vasque centrale, la plus grande, pour les chevaux et baudets.

Les humains, quant à eux avaient le loisir de boire à de fins jets jaillissant de la colonne centrale.

En 1888, Madame Montefiore-Levi, richissime personnalité liégeoise, offrit 10 fontaines-abreuvoirs à sa ville. Elle réédita son geste généreux en 1891.

La Société Protectrice des Animaux, soucieuse de la condition des chevaux au travail fut initiatrice de l’installation de bon nombre de fontaines-abreuvoirs dans les grandes villes du pays.

LE CONFORT “MODERNE”

L’eau entre progressivement dans les maisons au XXème siècle par un système de canalisations. Dans un foyer moyen, il y a une soixantaine d’années, la première pièce concernée est la cuisine, unique point d’eau. L’évier, taillé dans la pierre du pays, est surmonté d’une pompe à bras. L’évacuation des eaux s’effectue par une sortie d’évier percée dans le mur et un déversement du surplus directement sur le sol extérieur de la maison.

LA DISTRIBUTION D’EAU AUJOURD’HUI

L’hygiène s’est largement développée grâce aux hygiénistes qui, dès le début du XXème siècle, se sont attachés à démontrer la corrélation entre la propagation des épidémies et le vecteur eau. Dans les quartiers pauvres, l’eau utilisée était alors de très mauvaise qualité, la mortalité était importante.

Mais le progrès concerne aussi la disponibilité d’une eau livrée en quantité suffisante. Aujourd’hui, l’eau coule aux multiples robinets de nos foyers et évacue même le contenu des cuvettes WC.

Une fois qualité et disponibilité de l’eau assurées, l’eau peut redevenir plaisir. L’étonnante progression de la création de produits liés à l’hygiène le démontre sans cesse.