Au XIVème siècle, les mineurs rencontrent de l’eau dans les galeries qu’ils creusent dans le sous-sol liégeois. Pour évacuer ces eaux, des areines sont creusées en direction de la vallée, vers Liège-Ville. Très vite, l’eau sera récupérée à des fins domestiques par les Liégeois.

Liège a donc bénéficié très rapidement d’importantes richesses en eau. Ses fontaines publiques firent l’admiration de nombreuses personnalités dès le XVIème siècle, motivant les Princes-Evêques à s’y installer.

Canaliser notre or bleu

A la fin du Siècle des Lumières, la Ville de Liège est toujours l’une des mieux approvisionnées en eau parmi les villes d’Europe. Pourtant seul un tiers de la population liégeoise reçoit de l’eau alimentaire en permanence.

En 1847, les Autorités de la Ville conçoivent l’ébauche d’une impressionnante infrastructure de captage dans le sous-sol hesbignon. Elle totalisera finalement 47 kilomètres de galeries captantes.
Mais, si l’approvisionnement de la région liégeoise trouve ainsi progressivement sa solution, il n’en va pas de même pour la périphérie.


Les communes réclament de l'eau

Grâce aux progrès scientifiques, les Autorités communales découvrent le lien indéniable entre la propagation des maladies et le vecteur eau. A cette époque, fièvre typhoïde et choléra se partagent la responsabilité de catastrophes épidémiques. Il est décidé de porter remède au manque de salubrité publique en séparant radicalement les eaux de consommation des eaux souillées.

Deux éléments extérieurs contribuent à accélérer les décisions :
- la loi du 18 août 1907 qui donne une base juridique aux associations de communes incitant la création d’un type nouveau de coopératives;
- la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux (CIBE) qui envisage l’achat des eaux du Néblon, également convoitées par les Liégeois.


Une grande intercommunale

Ainsi, après maintes péripéties, la CIEALE (Compagnie Intercommunale des Eaux de l’Agglomération Liégeoise et Extensions) naîtra le 27 décembre 1913. Créée dans la perspective d’acquérir et d’exploiter les sources de Néblon-le-Moulin pour alimenter en eau de qualité les populations des 20 communes alors associées (Angleur, Ans, Beyne-Heusay, Bressoux, Chênée, Flémalle-Haute, Fléron, Forêt, Grâce-Berleur, Grivegnée, Mons-Crotteux, Montegnée, Rocourt, Romsée, Saint-Nicolas, Tilff, Tilleur, Vaux-sous-Chèvremont, Vottem et Wandre); elle sera, par la suite, rebaptisée CILE lors de sa fusion avec le Service des Eaux de la ville de Liège.